Découvrir le Patrimoine du Pays de Nay

Le Pays de Nay, un territoire au potentiel patrimonial à multiples facettes.

De la plaine de la Vath Vielha au Pays de Nay.

Le paysage du Pays de Nay est marqué par plusieurs voies de communications : d’anciennes voies romaines comme le chemin Henri IV sur le flan Est du territoire ; des voies de transhumances sur le flan Ouest (Saint Ambroise, Piétat). Ces voies ont grandement facilité les échanges commerciaux et l’installation des bourgs depuis l’époque gallo-romaine.

D’autre part, toute la plaine de Nay est une référence en matière de paysage. Elle est irriguée de façon assez homogène grâce au nerf hydraulique que représente le Gave de Pau. Chacune des plaines latérales : Lixarre (ouest) et Lagoin (est) sont irriguées par des rivières, le Luz qui prend sa source au nord-est de Lys jusqu’à Assat ; le Lagoin quant à lui, naît à Saint-Vincent et s’écoule jusqu’à Aressy, au sud l’Ouzom rempli ce rôle. Cela confère au territoire une grande variété de paysages entre plaine, coteaux et piémont.

Le Pays de Nay présente la particularité d’avoir conservé de précieux témoignages architecturaux d’époques  diversifiées : Moyen-âge, Renaissance, Révolution industrielle…

Le siècle des Marchands (XVIème siècle), impulse un mouvement de modernisation qui marque une étape fondamentale dans l’émergence de la vocation productive de la région de Nay. Mais également d’un point de vue de l’organisation urbanistique avec l’apparition des Bastides.

Au XIXème siècle, les comparaisons flatteuses se sont multipliées pour rendre compte du développement manufacturier « petite Alsace », « Mulhouse des Pyrénées », « Petit Manchester », la région de Nay est alors érigée en exemple pour le département des « Basses Pyrénées ». Cette tradition industrielle  (textile, bois, métal,...) marque encore aujourd'hui de son empreinte le Pays de Nay, de par son héritage paysager, économique et technique.

1-a Les Sites, Paysages et Monuments

  • L’Ermitage d’Asson

Longtemps qualifié d’oppidum protohistorique, cette colline de 400 mètres de haut, est marquée par la présence d’un site fortifié du Moyen Âge, le Castet Bielh (le vieux château), grand de plus de deux hectares. Ce point de vue offre un panorama remarquable englobant la plaine et le débouché des vallées d’Ossau et de l’Ouzom.

Le site s’est donc très tôt imposé comme une position stratégique : une occupation y est attestée durant l’Antiquité, du 1er siècle ap. J-C. aux IVe-Ve siècles.

Des aménagements défensifs sont avant tout fondés sur l’exploitation de la pente naturelle de la colline. Pour pénétrer l’enceinte du Castet Bielh, les potentiels assaillants doivent d’abord franchir un premier fossé de 3 mètres de profondeur, protégé par un petit rempart. Un second fossé profond cette fois de 8 mètres et surmonté d’un chemin de ronde. L’accès se fait par une porte fortifiée, édifiée au XIIIème siècle, aujourd’hui en ruines, mais qui d’après les relevés archéologiques devait mesurer dans les 6 mètres de  hauteur.

  • Le chemin Henri IV 

Du château de Franqueville à Pau au lac de Lourdes, cette voie protohistorique était un chemin de communication et  de commerces, autrefois utilisée par les romains. En effet, la traversée était beaucoup moins dangereuse que par la plaine, et il s’agissait également d’un point d’observation et de défense non négligeable. Des vestiges de cette époque y ont été découverts, et pour certains encore perceptibles : dolmen, tumuli, mottes, camps, (Fort de César)...

Avant de s’appeler chemin Henri IV, au moyen-âge, cette voie de communication était connue sous le nom de « chemin de Saint Pé » dû à la proximité de l’Abbaye. La route passe à travers les crêtes de la vallée de l’Ousse, puis celle du Lagoin. Il continue dans le Bois de Beuste, puis de Bordères où une fontaine y a été aménagée pour les marcheurs, en place de l’ancienne source « la Houn de la Moule ». Il se poursuit ensuite, dans le Bois de Bénéjacq jusqu’à St Vincent, qui est le dernier village encore traversé par le chemin. La vue sur la chaîne des Pyrénées, reste encore aujourd’hui un des panoramas exceptionnel. Le paysage y est d’autant plus remarquable que c’est également à cet endroit, que le Lagoin prend sa source, à la limite de la forêt de Mourle (secteur classé zone protégée). Le nom de notre bon roi Henri, ne lui sera conféré que bien après sa mort ; d’après Paul Raymond, cette désignation ne daterait pas d’avant 1790.

  • La Forge d’Arthez d’Asson

Le site de la forge d'Arthez-d'Asson constitue le cœur de la sidérurgie traditionnelle béarnaise. C'est là, à mi-chemin entre les mines de Baburet et les ateliers de clous et d'outils du piémont, que le minerai de fer a été transformé en métal d'au moins 1588 jusqu'en 1866.

C'est également à partir du château qui surplombe l'établissement que les maîtres de forges ont organisé à leur profit toute une filière complexe, intégrant aussi bien la gestion drastique des ressources forestières que la création de nouvelles communes.

Préservée de la destruction par l'exploitation d'une centrale hydroélectrique, les vestiges de la forge d'Arthez-d'Asson offrent au final un témoignage unique de l'influence profonde des activités industrielles sur l'histoire et la construction du territoire du Pays de Nay.

  • Les  Bastides

Le Pays de Nay est le territoire qui comptabilise le plus grand nombre de « bastides », cinq communes au total : Assat (Durfort vers 1280), Nay en 1302, Montaut en 1308, Lestelle en 1335 et enfin Bruges vers 1357-1358, à quelques kilomètres seulement les unes des autres.

Ces urbanisations médiévales dites « nouvelles », à l’exception de Nay et Assat qui  existaient déjà à l’état de bourgs, sont issues d’une stratégie d’aménagement territoriale mise en place d’abord par la famille Moncade[1], puis par la famille de Foix-Béarn[2].

Par exemple, on pense que celle d’Assat permettait de contrôler la voie de transhumances allant de la Vallée d’Ossau jusqu’au Pont-Long ; tandis que Nay correspondait à l’un des trois seuls endroits où il était possible de traverser le Gave de Pau sur le Département avec Oloron et Pau.

Les bastides sont créées dans le sud-ouest de la France entre 1230 et 1350, dont les objectifs de fondation sont : le développement du commerce et de l’économie, faciliter le contrôle politique et les levées fiscales en Béarn, peupler et défendre le territoire. Leurs habitants disposent de droits élargis et peuvent élire eux-mêmes leurs représentants ; un nouveau cadre administratif, juridique et fiscal se met alors en place.

En savoir plus : https://bastides64.org/ 

  • La Maison Carrée

Restaurée depuis 1999, la Maison Carrée est un monument historique d’exception dans notre région. Construite dans la seconde moitié du XVIe siècle, cet hôtel particulier s’articule autour d’une cour intérieure, dominée par une magnifique façade de quatre niveaux de loggias à l’antique.

Les deux lots constitutifs de cette propriété

En savoir plus: http://www.maison-carree-nay.fr/histoire/construction

  • Le château de Coarraze

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en savoir plus: https://chateaudecoarraze.jimdo.com/

  • Les Sanctuaires de Bétharram

Le Pays de Nay possède une dynamique religieuse ancestrale dominée par les pèlerinages et qui préfigura l’essor de Lourdes. Betharram est un sanctuaire baroque du XVIIe siècle, qui fut détruit pendant la Révolution et reconstruit au XIXème siècle. Il est constitué d’une chapelle de pèlerinage, Notre-Dame de Bétharram dont la façade est classée, considérée comme un point étape avant Lourdes. Elle est agrémentée d’un chemin de croix extérieur : le calvaire, qui serpente sur la colline adjacente et s’achève par une  esplanade ombragée.

Le chemin a été imaginé par un architecte de 25 ans, le Père Basilide Bourdenne, aidé d'un dessinateur remarquable, le Frère Joseph Pujo et d'un sculpteur-décorateur de Pau, Joseph Delcour.

Chaque pierre témoigne d'un soin méticuleux, religieux; l'élégance et la variété des dessins traduisent une riche imagination, des broderies de style roman.

Chaque pierre témoigne d'un soin méticuleux, religieux; l'élégance et la variété des dessins traduisent une riche imagination, des broderies de style roman.

Il est composé de 13 oratoires, une statue et une chapelle, qui illustrent les scènes de la Passion du Christ. Les cinq premiers oratoires contiennent des bas-reliefs qui auraient été réalisés par le sculpteur Alexandre Renoir ;  un travail d’une sensibilité et d’un réalisme qui lui confère une place non négligeable parmi les productions de l’art chrétien. On y trouve également des œuvres du peintre Butay.

Aujourd’hui, ce lieu n’est pas uniquement dédié au culte et aux pèlerins. Locaux, promeneurs, ou encore touristes aiment le parcourir, pour sa tranquillité, loin des bruits de la ville, et y revenir. Il s’agit aussi de l’une des vues les plus agréables donnant à la fois sur la plaine de Nay, la vallée de l’Ouzom et la Bigorre.

(photo à ajouter: sanctuaires vue hauteur)

en savoir plus: http://www.betharram.fr/

  • Le Chapelle Notre-Dame de Piétat

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  • La sauvegarde des Usines Berchon

Exemple unique d’usine monumentale localisée dans le périmètre historique d’une bastide, l’usine de bonneterie Berchon de Nay fut jusque dans les années 1980 l’une des principales entreprises de la région. Ayant accueilli les toutes premières entreprises d’aéronautique du territoire durant la Seconde Guerre mondiale, elle incarne également la passerelle entre les industries traditionnelles et les secteurs d’activités les plus modernes.

La reconversion du grand hall de ces usines constitue en outre un enjeu fort pour l’affirmation de la centralité à la fois à l’échelle de la commune de Nay et de l’intercommunalité.

Suite aux études de faisabilité réalisées sous la conduite de la CCPN, en vue de la création d’un équipement culturel structurant, il s’avère que le site de l’usine Berchon, ne remplit pas tous les critères pour mener  à bien ce projet.

A ce jour, la préservation et reconversion de ce bâtiment dépendra donc des projets de la ville de Nay.

1-b Les Savoir-faire

  • Les sonnailles Daban

C’est en 1789, que Jean-Bernard Daban s’installe à Nay et fonde en 1795, la maison Daban. A ce moment là, il ne pouvait pas savoir que 200 ans plus tard, la 5ème  génération de Daban, deviendrait le dernier fabricant de véritables sonnailles des Pyrénées. Mais ce savoir-faire remonte a bien avant, le 1er fabricant de sonnailles de la famille serait né à Sainte Suzanne (quartier d’Oloron) vers 1630-1650.

L’installation se fait à Nay car cet ancêtre a suivi les filons d’argiles, matière première nécessaire à la cuisson des sonnailles. Le 1er atelier avait été installé dans un moulin, au bord du gave afin de bénéficier de la force hydraulique, mais ce dernier en a malheureusement subi les crues et a été emporté ; à partir de là l’atelier est transféré à la rue des Pyrénées, pour à nouveau être déplacé à Bourdettes en 2008.

La fabrication d’une sonnaille repose sur 5 étapes de conception :

-                le façonnage de la cloche, qui est ensuite enveloppée dans une feuille de papier journal pour l’isoler de l’argile et éviter que la sonnaille rouille. Ce procédé permet l’émanation de carbone au cours de la cuisson, qui décape à la fois les pièces et aide à la répartition homogène du laiton.

Anecdote historique : les ancêtres de la famille, avant l’utilisation du papier journal, récupérer chez les notaires, les actes juridiques obsolètes pour  envelopper les pièces à cuire.

-                la préparation de moule argile pour la cuisson, on parle aussi de « pain d’argile ». Jusque dans les années 1995 l’argile était extraite directement de terre aux environs de Nay selon un accord passé avec les agriculteurs locaux. Il s’agit d’un travail saisonnier effectué par deux personnes sur trois semaines. Les accords terriens diminuant petit à petit, la nécessité de trouver un nouveau filon et après plusieurs essais d’argile,  il s’avère qu’aujourd’hui, les pains sont fabriqués à base : d’argile noire provenant de Loire-Atlantique, mélangée à de la paille, et d’argile jaune originaire des alentours de Revel.

-                le brasage est une technique connue depuis l’âge du bronze, dont l’origine se trouve dans la cuisson au charbon et au feu de bois. Le four était composé de deux foyers : un pour le charbon, l’autre pour le pain. La cuisson est une étape très importante, elle requière un savoir-faire  particulier et une coordination des ouvriers qui rentrent et sortent les pains d’agile du four, qui peut monter en fin de journée jusqu’à 1 400°.

-                Une fois les pièces cuites et sorties du four, il faut les nettoyer, leur donner leur forme définitive et procéder à la mise en son. Cette dernière étape est très technique car chaque troupeau possède sa propre harmonie et l’ajout d’une sonnaille nécessite un calibrage spécial, une oreille expérimentée est alors  capitale.

En savoir plus (http://www.daban.fr/boutique/fr/content/6-l-entreprise-daban)

  • La fabrication de bérets ou le travail de la laine (cf. François filière laine)

L’histoire du béret en Pays de Nay, autrefois appelé « lo bonnet » est issue d’une illustre tradition de tricotage à la main. En effet, les paysans se munissaient de bobines de laine filée et de quatre aiguilles de buis, puisque cette dernière se tricote en rond.

Pour trouver la laine, matière première dans la confection du béret, aucun souci grâce aux nombreux troupeaux des Pyrénées.

Une famille va s’illustrer dans ce commerce : fabrication et vente de bérets qui deviendra et est encore aujourd’hui, l’un des marqueurs identitaires de la France. La famille Blancq tenait à l’origine une entreprise de confection de draps depuis 1819 sous le nom des Ateliers Hydrauliques d’A. Blancq.

Un autre industriel, Prosper Fouard s’était installé dans la région depuis 1809 et était propriétaire d’une filature à Baudreix, spécialisée dans la confection  industrielle. Adrien va avoir l’idée de s’associer avec lui et en 1830, l’entreprise devint la fabrique de bérets « BLANCQ et FOUARD », n 1875, la société est transmise à Prosper Blancq. 

En 1868, Désiré Berchon créait le tissu de laine cardée, dit « tissu des Pyrénées » qui révolutionna la fabrication des tissus dans la région ; inventeur de talent, il va créer de nouvelles machines pour l’entreprise Blancq, ses projets ont d’ailleurs été présentés lors d’une exposition[3] universelle. En effet, dans un de ces courriers du 7 février 1892[4], Désiré Berchon y fait état de ses services rendus :

« En 1876, comme le berret se tricotait à la main, et que la production quotidienne était de 2 à 3 berrets, j’inventai une machine adaptée pour tous les fabricants du pays produisant 50 berrets par jour. Exposée en 1878, elle obtint un grand succès et j’eus toutes les félicitations du jury. »

Depuis ce temps, cinq générations de Blancq, Blancq-Olibet se sont succédés et ont développé cette fabrication,  jusqu’à la fermeture définitive en 2014 de l’entreprise qui avait, quelques années plus tôt était délocalisée à Baudreix.

Dernier témoin de ce savoir-faire Le Musée du Béret, en place et lieu de site de production initial, ouvert en 1996 pour rendre hommage à l’histoire de l’entreprise familiale.

En savoir plus: http://www.museeduberet.com/content/6-le-musee

  • L’industrie aéronautique 

Fondée en 1938 dans la région parisienne par l’ingénieur Joseph Szydlowski, TURBOMECA est l’une des nombreuses entreprises d’aéronautique à se replier dans le Sud-ouest durant la Seconde Guerre mondiale. Fabriquant initialement des compresseurs pour moteurs d’avions, l’entreprise se spécialise après-guerre dans les turbines à gaz pour trains, avions et surtout hélicoptères.

L’installation à Bordes où les réserves foncières sont importantes intervient en 1942, au sein des vastes prairies qui s’étendent entre le Gave et le village (Cardèdes). Le canal du Baniou qui les traverse permet l’installation en 1920 d’un lavoir dont la construction est financée par E. Brun, bienfaitrice du village après la Première Guerre mondiale, également connue pour avoir constitué la propriété. Après avoir alimenté plusieurs moulins, le canal assure aujourd’hui le refroidissement des bans moteurs de l’usine.

TURBOMECA s’appuie d’abord sur le tissu industriel existant, investissant en 1940 une fabrique de chapelets à Saint-Pé-de-Bigorre. De même, elle installera des bureaux d’études dans l’usine textile Berchon de Nay, composés d’ingénieurs et de techniciens allemands et autrichiens arrivés en France le 18 juin 1946.

L’usine est progressivement agrandie, puis intégralement restructurée en 2012 en pôle aéronautique.

En savoir plus: https://www.amis-turbomeca.com/actualit%C3%A9s/

 

1-c Les personnages célèbres

  • Jeanne d’Albret
  • Seigneur d’Angosse
  • St Michel Garricoïts
  • Prosper Blancq
  • Prosper Fouard
  • Désiré Berchon
  • Joseph Szydlowski
  • Carl Einstein


[1] Gaston VII Moncade jusqu’en 1290.

[2] Marguerite - Gaston II et Gaston III (Fébus) de Foix Béarn de 1302 à après 1343.

[3] Source article de journal de l’Industrie d’après 1882, obtenu grâce à Jean-Loup Gazzurelli.

[4] Source document fourni par idem.